C'est décidément l'heure des Fabulettes ! Alors qu'Anne Sylvestre nous offre les quatorzièmes (dédiées aux oiseaux) et que Christine Costa reprend Quand j's'rai p'tite, dans un théâtre parisien, Jacques Haurogné, lui, leur consacre un spectacle entier, dans une mise en scène d'Anne elle-même.
Il ne s'agit pas ici de théâtre, mais d'un tour de chant habilement organisé autour d'une histoire-prétexte un tantinet farfelue : "Boutchoko a disparu, sa petit soeur Papillote le cherche, entourée de ses amis. L'inspecteur Jako saura-t-il le retrouver ?" Que dire de cette rencontre Sylvestre/Haurogné ? Que la première écrit merveilleusement... et qu'on a beau le savoir depuis des lunes, on se le répète comme on roule un bonbon en bouche à chaque nouvelle écoute. Que le second chante comme il respire, sinon mieux. On le savait aussi, mais quel bonheur et quelle finesse ! Il lui suffit d'apparaître et d'interpréter doucement, sans une once de frime, avec cette voix phénoménale et cette dimension Trenet qu'il sait avoir fugacement dans l'oeil et dans le geste. A cela s'ajoute le toucher exceptionnel du guitariste Marc Vallée à la guitare, le parfait complice vocal sur de nombreux titres.
Jacques Haurogné et Anne Sylvestre en ont choisi une vingtaine, du fameux "clignoton" de "Pour être sage en auto" à "Boutchoko", en passant par l'inénarrable "Pipistrelle et cacatoès", la superbe "Berceuse pour rêver", et pour la bonne bouche, "Les sandouiches au jambon" et "Des nouilles"... Bref un menu régal et une rencontre d'un auteur avec un interprète qui pourrait bien se risquer au-delà de l'enfance...
