Yves Desrosiers nous présente sa nouvelle œuvre : l’album Volodia. Il y interprète lui-même les adaptations françaises des chansons du poète russe Vladimir Vissotsky. Volodia est la rencontre d’un poète profondément humain, Vladimir Vissotsky, et d’un grand musicien, Yves Desrosiers.
Nous retrouvons onze chansons de Vissotsky sur Volodia. Yves Desrosiers nous interprète une chanson en russe, « Rien ne va plus » est une adaptation de Marina Vlady (actrice française et épouse de Vissotsky), « Le Vol arrêté » est une adaptation de Maxime Le Forestier alors que les huit autres ont été superbement adaptées par la chanteuse Bïa Krieger.
Yves Desrosiers, avec l’apport des talents de son co-réalisateur et collaborateur de longue date François Lalonde, a travaillé longuement cet album. Il a d’abord choisi soigneusement parmi les nombreuses chansons de Vissotsky celles qui le touchaient, qui lui ressemblaient le plus afin de les interpréter avec vérité. Il a ensuite créé des images et des décors sonores pour mettre en valeur la poésie de Vissotsky, qu’il interprète de sa voix douce et chaude. Son univers musical et sa voix nous ouvrent la porte de l’univers poétique dramatique et universel de Vissotsky en évoquant des images fortes et fragiles à l’image de l’interprétation d’Yves Desrosiers.
Qui est Vladimir Vissotsky ? De 1960 à 1980, le poète Vladimir Vissotsky envoûta le peuple russe avec ses innombrables poèmes qu’il chantait avec feu et rage devant un auditoire varié et nombreux. Aimée et interdite, son œuvre circula par les enregistrements illégitimes de ces concerts populaires. Vissotsky se voyait d’abord comme un poète qui utilisait la guitare pour rythmer ses mots. Tourmenté, déchiré, souffrant de l’interdit de son œuvre, Vissotsky jouait du théâtre le jour (il était également acteur), chantait le soir et écrivait la nuit des vers qui sonnent vrais aux oreilles de toutes les couches de la société russe. Adoré par le peuple de la Russie, il devint sa voix, capable de transformer autant la guerre que les déchirements du quotidien en tragédies humaines universelles. Vissotsky est mort à l’âge de 42 ans, après une vie intense vécue à un rythme effréné. Bien que des centaines de milliers de Russes assistèrent à ces funérailles, ce n’est que sept ans après sa mort qu’il fut enfin reconnu par les autorités russes et que son œuvre fut publiée.
Après avoir été touché par l’accent de sincérité, par l’émotion et par la sonorité des chansons russes de Vissotsky, Yves Desrosiers voulut en connaître davantage. En entendant deux adaptations françaises de chansons de Vissotsky, il fut fasciné par les paroles et la ressemblance entre l’univers artistique de Vissotsky et le sien. Cette écoute fut comme une révélation, comme un cadeau ; Yves Desrosiers se sentit immédiatement proche et complice de ce poète et c’est avec un grand enthousiasme qu’il démarra ses recherches. Le premier souci de Yves Desrosiers en abordant l’œuvre Volodia fut alors de rester le plus près possible des traductions afin de respecter le sens profond des écrits de Vissotsky.
De grands musiciens ont contribué à rendre Volodia unique : François Lalonde (batteries et percussions), Didier Dumouthier (accordéon), Francis Covan (violon et accordéon), Gilles Brisebois (basse), Mario Légaré (contrebasse), Éric West Millette (contrebasse), Jean Massicotte (piano) et bien sûr Yves Desrosiers (guitares, « lap steel guitare », « lap bass guitare », accordéon, contrebasse, percussions). Les couleurs magnifiques de leur jeu musical et leurs multiples talents savamment orchestrés par Yves Desrosiers et François Lalonde ont amené Volodia à son paroxysme. Ils ont tous su donner le meilleur d’eux-mêmes pour nous amener dans un voyage musical et poétique hors du commun.
Lancement de l’album Volodia de Yves Desrosiers, le 21 août 2002 au Lion d’Or.