SANDRA TREMBLAY

L'EXPOSITION - L'ALÉATOIRE ORCHESTRÉ, TRAVERSER L'IMAGINAIRE


Sandra Tremblay ouvre des espaces ludiques et oniriques, à saveur symbolique. Ses recherches picturales s’orientent souvent vers des ambiances nocturnes et théâtrales.

C’est suite à l’obtention d’une bourse de recherche et création du Conseil des arts et lettres du Québec en partenariat avec la ville de Sherbrooke en mars 2018, que le projet L’aléatoire orchestré, traverser l’imaginaire a débuté. Le projet consista alors à réaliser un corpus de tableaux dont les éléments de composition seraient issus de faits vécus par des artisans de scène estriens.

Afin de répertorier des récits diversifiés pour nourrir l’univers dramaturgique de ses tableaux, elle a réalisé des entretiens avec des artisans de scène œuvrant professionnellement dans le milieu (comédiennes, scénographes, costumières, techniciens de scène) disposés à lui révéler les aléas de leur métier.

Au fil des rencontres, l’artiste a tenu un journal de bord regroupant les propos recueillis, des croquis, des répliques dramaturgiques, des didascalies. Ces notes ont constitué une banque de liens saugrenus et atypiques reliant les récits des artisans et l’iconographie picturale de l’artiste.

Sandra Tremblay s’est intéressé aux étapes de création de spectacles de théâtre et de danse, ainsi qu’aux imprévus absurdes ou poétiques qui surviennent pendant les représentations devant public. Elle s’est intéressé à la machinerie du théâtre, à la dynamique tout en finesse des rideaux levés à la corde, des costumes à replacer, des répliques à souffler, des changements d’actes à enchaîner. Bref, à tout ce dont le spectateur prenant place dans la salle n ‘est pas supposé voir, savoir.

Dès lors, l’évidence est apparue: la joie de faire des parallèles entre les matières visuelles qui constituent le théâtre et les gestes de la peinture. Apparition, disparition, disproportion, transparence, contraste, pénombre et luminosité.

Le processus même de ‘’monter une pièce’’ ou de peindre un tableau prend racine aux mêmes gestes soit; édifier, superposer en jouant avec des éléments qui disparaissent ou se modifient.

Pendant les dix mois de travail en atelier, des questions ont guidé les actions de l’artiste:

Comment ces artisans créateurs avancent-il avec l’obscur pressentiment qui les relie à l’œuvre?

Comment vivent-ils avec l’éphémère et le cycle début-fin-début particulier au milieu de la scène?

Quels sont les mouvements synonymes articulés dans l’ombre de la vie?

Lorsque les costumes sont retirés, que le maquillage est enlevé, que la salle est vide, que reste-t-il donc ?

Parallèlement au processus de réalisation des tableaux, l'artiste a assisté à diverses pièces de théâtres et spectacles chorégraphiques au cours desquelles elle a noté des répliques, des postures corporelles des comédiens et des éléments de décors et costumes, pouvant être évoqués dans les compositions picturales. Tout en faisant parfois des références à d’autres champs d’étude ou d’autres disciplines artistiques.

Au final, les tableaux proposent une fenêtre ouverte sur le milieu des arts de la scène québécois et estrien, mais aussi comme l’évocation d’un ensemble de comportements humains intimistes. Consciente de ‘’l’ère du divertissement’’ dans laquelle nous nous trouvons, Sandra Tremblay propose ici la reconnaissance. Celle de ces femmes et de ces hommes qui œuvrent dans l’ombre à tenir des productions scéniques à bout de bras pendant des mois, pour les partager ensuite avec le public. Mais pas que ça. Elle a ceci en commun avec eux; ils relèvent des défis artistiques parce qu’ils cherchent des révélations antalgiques, afin de peut-être élucider des trous noirs personnels ou communs par le biais de la création.

  • L'Artiste remercie le Conseil des arts et des lettres du Québec et la ville de Sherbrooke pour son soutien financier à la réalisation du corpus L’aléatoire orchestré, traverser l’imaginaire.

BIOGRAPHIE


Artiste professionnelle, Sandra Tremblay vit et travaille à Sherbrooke. Elle se consacre à temps plein à la peinture.

Boursière notamment du Conseil des arts et lettres du Québec et de l’Office jeunesse international du Québec depuis 2011, elle a réalisé une résidence de création au Vermont Studio Center (É-U), un stage au Centre de recherche sur les faits picturaux à Paris et un stage en art citoyen à Lyon auprès d’artistes professionnels.

Depuis 2008, son travail a fait l’objet de plusieurs expositions solos et collectives au Québec et aux États-Unis. Plusieurs de ses œuvres se retrouvent dans des collections publiques et privées. Elle est bachelière en Arts visuels de l’Université Laval (2002).

L’idée principale de sa pratique en peinture s’appuie sur une éthique de réflexion-conscientisation des habitudes de vie de notre société actuelle (impact sur l’équilibre mental, sur l’environnement, sur l’imaginaire). Le résultat s’illustre par une vision ludique du quotidien dans ce qu’il a d’onirique, de théâtrale. Portant un regard poétique sur les personnes, les objets et les lieux, elle se nourrit de la nature humaine,  sa composition, son organisation.

Par une volonté de constant renouvellement, elle puise son inspiration dans de multiples médiums et lieux singuliers : cinéma, théâtre, littérature, comportement humain, actualité, création artistique à travers le monde, gens exclus de la société, etc.